Je n'arrive pas avec une grille à dérouler. J'arrive avec un métier, le produit, et une manière de regarder qui va un cran plus loin.
On m'appelle presque toujours pour un produit : une plateforme qui ne prend pas, un tableau de bord inutilisable, un parcours à concevoir. C'est là que je commence. Je lis ce que tout le monde lit : les usages, les données, les parcours, les coûts.
C'est la couche que j'ajoute. Entre ceux qui utilisent un outil circulent des choses que les tableaux de bord ne comptent pas : la confiance, la décision, un langage commun, une charge que quelqu'un porte seul. Quand un outil ne prend pas, c'est souvent là que ça casse.
Six niveaux hiérarchiques, des business units réparties dans le monde, un écosystème de santé entier : je ne simplifie pas un système avant de l'avoir compris. Je repère où agir, puis je découpe le travail en étapes qu'une équipe peut livrer.
Une lecture ne vaut que si elle produit une décision qu'on peut tenir. Chez Nexans, faire passer l'unité de pilotage du projet à l'offre a fait basculer l'adoption. Chez MyLight150, une règle simple a tranché chaque arbitrage : une fonctionnalité qui affaiblit la relation commerciale est écartée. Puis je donne au produit une trajectoire : une v1, une roadmap, ce qui viendra après.
Ils sont nés sur le terrain, et chacun renvoie au cas où il a fait ses preuves.
Si l'on veut le nom des choses : révéler, réagencer, rendre capable. L'essentiel du travail est de révéler ; le reste en découle.
Un produit livré, et une équipe qui sait pourquoi il est conçu ainsi. Les décisions sont écrites, datées, expliquées, pour que ceux qui arrivent ensuite ne défassent pas, sans le savoir, ce qui tient.
Appliquée aux coopérations entre structures, cette lecture a pris la forme d'une méthode complète, avec ses étapes, ses rôles et ses conventions : les Réciprocités. C'est là que je l'éprouve le plus loin, et là que j'ai appris à me voir faire. Pour ceux qui veulent remonter aux sources, six textes en posent les fondements.